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Maladie chronique de longue durée, les rhumatismes inflammatoires affectent 300.000 à 600.000 personnes en France. Diagnostiquée le plus souvent autour de 40 ans, la polyarthrite rhumatoïde est le plus fréquent d’entre eux et touche 3 fois plus les femmes que les hommes.


Avec l'inflammation de plusieurs articulations et la destruction du cartilage et de l’os, cette maladie est très invalidante et douloureuse, mais bénéficie aujourd’hui de traitements très efficaces.

Qu’est-ce que la polyarthrite rhumatoïde ?

La polyarthrite rhumatoïde est la plus fréquente des diverses formes de rhumatismes inflammatoires chroniques. Touchant 21 millions de personnes dans le monde, elle concerne en France 1 à 3% de la population, avec une très nette prédilection pour les femmes, qui sont 3 fois plus atteintes. Même si elle peut toucher toutes les tranches d'âge, le plus souvent, la maladie débute entre 40 et 60 ans. Les formes précoces survenant avant l’âge de 30 ans sont 4 fois plus fréquentes chez la femme, alors qu'après 60 ans, la fréquence est identique pour les 2 sexes.

Considérée comme une maladie auto-immune qui produit des auto-anticoprs, la polyarthrite rhumatoïde est une réaction inflammatoire excessive qui touche d’abord la membrane synoviale, la fine pellicule qui entoure les articulations. Cette membrane s’épaissit, puis laisse entrer du liquide et certains éléments du sang dans l’articulation. L’inflammation peut ensuite endommager d’autres structures articulaires – le cartilage, la capsule, les tendons, les ligaments et les muscles –, érodant l’os et détruisant l’articulation.

 

Quels sont ses symptômes ?

La polyarthrite rhumatoïde entraîne une inflammation de plusieurs articulations à la fois, qui enflent, deviennent chaudes et douloureuses, sont limitées dans leur amplitude de mouvement, et peuvent se déformer progressivement. Chez la majorité des personnes atteintes, elle touche d'abord les mains, les poignets, les genoux et les petites articulations des pieds.

Avec le temps, et parfois dès le début de la maladie, les épaules, les coudes, la nuque, les mâchoires, les hanches et les chevilles peuvent également être touchés. De petites bosses dures non douloureuses, appelées « nodules rhumatoïdes », peuvent aussi se former sous la peau, surtout à l’arrière des chevilles et aux coudes.

Les douleurs sont plus fortes la nuit et au petit matin, ou après une période de repos prolongé, et peuvent souvent occasionner un réveil nocturne. La polyarthrite rhumatoïde se manifeste souvent de façon symétrique, atteignant les mêmes articulations des 2 côtés du corps, ce qui la distingue de l'arthrose qui, elle, touche habituellement les articulations d'un seul côté à la fois.

 

Comment évolue la maladie ?

Imprévisible et très variable selon les personnes atteintes, la polyarthrite rhumatoïde évolue en général par poussées, surtout au début, et progresse vers une aggravation lente, en l'absence de traitement. Certaines formes de polyarthrite sont très « agressives », car elles touchent aussi des organes comme le coeur, les poumons, les vaisseaux ou les reins, et peut même provoquer une sécheresse des yeux et de la bouche (syndrome de Gougerot-Sjögren). D’autres peuvent entraîner des destructions articulaires très rapides, surtout au cours des 2 premières années.

À l’inverse, il existe des formes « bénignes » causant peu de douleurs et aucune déformation articulaire, même après plusieurs années. Si elles ne sont pas traitées, on considère toutefois que plus de la moitié des personnes atteintes présenteront un handicap important au bout de 10 ans, obligeant souvent l’arrêt des activités professionnelles.

 

Quels sont les facteurs de risque ?

Bien qu'elle ait été décrite il y a déjà bien longtemps par Hippocrate, la polyarthrite rhumatoïde est une maladie encore mal connue et personne ne peut dire avec certitude quelles en sont les causes. Ce n’est pas une maladie héréditaire, mais il semble néanmoins exister une prédisposition familiale ou « terrain génétique » : si votre mère et votre grand-mère sont atteintes de polyarthrite rhumatoïde, vous avez un risque de 6% d'en être victime à votre tour si vous êtes une femme, et 2% si vous êtes un homme.

Outre cette prédisposition génétique, la maladie a aussi très certainement plusieurs origines environnementales : trouble hormonal, stress, pollution, facteur alimentaire… Fumer beaucoup durant plusieurs années augmenterait également les risques de souffrir un jour de polyarthrite rhumatoïde, avec des symptômes plus graves que la moyenne. Autant de raisons supplémentaires pour arrêter de fumer !

 

Quelles sont les complications ?

Une déformation des articulations apparaît souvent avec le temps. Par exemple, on dit des doigts qu’ils se déforment en « col de cygne » ou en « boutonnière » et les orteils, « en marteau ». Lorsqu’elle n’est pas traitée, la maladie peut donc entraîner une perte de la dextérité. De simples gestes, comme tourner une poignée de porte ou tenir un crayon, deviennent alors très laborieux. Dans de rares cas, la maladie devient si invalidante qu’elle oblige même à se déplacer en fauteuil roulant.

Heureusement, des traitements appropriés, adoptés dès les premiers stades de la maladie, permettent de limiter l’invalidité et la destruction des articulations. De plus, en adoptant un mode de vie qui leur permet d’atténuer les douleurs, la majorité des personnes atteintes parvient à avoir une bonne qualité de vie.

 

Quels sont les différents traitements ?

Il n'existe pas de moyen de guérir de la polyarthrite rhumatoïde, mais il est possible de soulager la douleur et la raideur, et de prévenir les déformations articulaires. La prise en charge globale associe, aux médicaments du traitement de fond, des traitements symptomatiques (antalgiques, anti-inflammatoires non stéroïdiens ou stéroïdiens), des thérapeutiques locales (ponctions évacuatrices, infiltrations de corticoïdes, synoviorthèses à l'acide osmique...), des mesures de réadaptation fonctionnelle (appareillages de repos, ergothérapie, kinésithérapie...), une prise en charge psychologique et même, parfois, des gestes chirurgicaux.

Le traitement de fond, qui vise à réduire l'évolutivité de la maladie, peut consister à prendre des antipaludéens de synthèse (hydroxychloroquine) pour les formes peu sévères de la maladie, ou des sels d'or et des sulfhydrylés pour les formes sévères, mais avec des effets secondaires importants. Les immunosuppresseurs, qui réduisent la réponse immunitaire locale responsable de l’inflammation, sont prescrits seulement dans les formes graves. Le méthotrexate est le traitement de référence, mais il existe plusieurs autres molécules disponibles qu’il est possible d’associer. Les délais d’action de ces traitements sont longs et l’effet apparaît souvent après quelques semaines, voire quelques mois d'utilisation. Cependant, l'action de ces produits tend à s'épuiser au fil des années.

Enfin, les biothérapies, nouvelle catégorie d’immunosuppresseurs spécifiques, ont vu le jour il y a une dizaine d’années. Il s’agit d’anticorps ou de protéines qui inhibent de manière spécifique une protéine de l’immunité. Les résultats sont parfois spectaculaires sur des formes graves résistantes aux traitements de fond. Néanmoins, environ 30% des patients ne répondent pas au traitement et les malades rechutent le plus souvent après son interruption. A ce titre, la recherche se poursuit pour tenter de guérir définitivement les patients en rétablissant de façon pérenne leur tolérance immunitaire.

 

Les 10 conseils de la MMC pour se faciliter la vie quotidienne quand on est atteint

  • Se reposer, d'autant plus pendant les poussées ;

  • Se faire aider au domicile ;

  • Aménager la maison en tenant compte de l'ankylose des mains : modifications des portes, des verrous, des robinets, des WC, de la salle d'eau ;

  • Utiliser des instruments adaptés : brosse et peigne à long manche, couverts à gros manches, crayons et stylos de fort diamètre, ouvre-boîte électrique, etc. ;

  • Supprimer les boutons sur les vêtements et les remplacer par des scratch ;

  • Utiliser des chaussures sans lacet et des appareils pour mettre les bas ;

  • Pratiquer une activité physique régulière, comme la marche, la natation ou le vélo, pour lutter contre l'enraidissement et améliorer la souplesse ;

  • Consommer des huiles de poisson, source importante d'oméga-3, qui ont un effet anti-inflammatoire naturel ;

  • Partir en balnéothérapie, l’efficacité des cures thermales étant généralement reconnue par les patients pour soulager leurs douleurs rhumatismales ;

  • Utiliser des orthèses adaptées durant les moments de repos.

 

Sources : passeportsante.net, doctissimo.fr, inserm.fr, rhumatologie.asso.fr, polyarthrite.org

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